A propos du Psaume 110 (109 pour la Septante): v 3

le problème se pose pour les trois derniers mots:

לך טל ילדתיך

Translittération des consonnes:  lk-        Ttl –          Yldtik

Par souci d’honnêteté, revenons à la vocalisation et à l’interprétation juives les plus communes:

” du sein de l’aurore à toi ( vient) la rosée de ta jeunesse.”

Manifestement, les consonnes         Yldtyk ont été vocalisées: yaldouteyka. On a voulu lire ” yaldout”, enfance, jeunesse. D’autres font subir à cette ” enfance” une entorse, en faisant dire au texte: ” Tes jeunes à toi ( viennent) ( comme) rosée.”

Au moins trois difficultés, honnêtement insurmontables:

1- l’ajout arbitraire du verbe ” venir” avec le ” dativus  commodi”  lk, ” pour toi, pour ton avantage”. Cette péricope, tout le v. 3, n’a pas de verbes.” A toi ta jeunesse ou ton enfance vient comme rosée” suppose deux ajouts: vient et comme.

2- la vocalisation ” yaldout” signifie ” enfance” donc à la limite ” enfants” plutôt que “jeunesse, jeunes” que la Bible ( surtout avec Osée ) rend par ” ne’ ourim”. נעורים

3- le mot ” yaldout” féminin singulier ne devrait pas avoir le yod du pluriel. Il aurait dû être  yldtk et non pas yaldouteyka( yldtyk).

 

Le P. Tournay a cru plus opportun de donner le sens araméen au mot ” Tal”, enfant. Le sens devient: ” Du sein(= des entrailles) de l’aurore, je t’ai engendré ( d’après la Septante) comme un enfant”.

 

C’est la Septante, pour les Juifs sujette à caution et volontiers cheval de Troie des ” nazaréens” ( chrétiens) , qui lit  yeladtika, je t’ai engendré.    Έξεγεννησα σε. “Du sein de l’aurore, je t’ai engendré comme une rosée , pour ton bien” ( lka, le datif de bénéficiaire).

La vocalisation massoretique arrivant au moins onze siècles après la Septante, la lecture de celle- ci est bien plus probable. Elle a aussi l’avantage de maintenir le texte consonantique. Nous trouvons ainsi un parallèle intéressant avec le Ps 2: le grand héros en question est un fils de Dieu, engendré par Lui ( n’en déplaise aux Musulmans!) Beaucoup d’exégètes, y compris Juifs, ont vu dans les deux psaumes des chants messianiques. Bien des Juifs, pour fuir Jésus fils de Dieu et prêtre ( cf 1 Jn 4, 2-3 et 15) ont, semble-t-il , noyé le verbe “yeladtika” dans ” yaldouteka”. Sans aller trop loin, même avec l’extension sémantique ” jeunesse”, le verbe d’engendrer  disparait précisément chez des traducteurs qui ont ajouté le verbe ” venir”. Sans aller jusqu’à un jugement catégorique, on peut timidement supposer une tactique de commodité.

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