Homélie pour la nuit de Noël (25.12.2017)

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tit 2/11).

 

La grâce de Dieu s’est manifestée tout au long des âges de multiples manières, et continue encore à se manifester de nos jours. Cela est vrai  et ressort  de toute l’histoire sainte. Mais le nœud central de cette  manifestation a été la naissance d’un petit enfant à Bethléem.

 

C’est là une rencontre, je dirais, physique, charnelle, entre Dieu et l’humanité. C’est ici, en cette terre palestinienne, dans un lieu précis, et en une période précise et avec des détails très précis (rapportés par l’évangéliste Luc) que la rencontre entre Dieu et les hommes a eu lieu ; rencontre que nous célébrons chaque année, et dont nous ne finirons jamais de scruter les merveilles.

Ayant médité depuis plus de 2000 ans ce mystère, nous avons découvert avec un émerveillement croissant la folie d’amour de Dieu pour nous en nous envoyant son Verbe éternel.

C’est là  la grande nouvelle, la merveille qui doit conduire l’homme, les hommes à la plénitude de leur existence. Oui, nous pouvons chanter : « Joie au ciel ! Exulte la terre ! »

 

Il se pourrait qu’on nous targue de naïveté à entendre ce que je viens de dire : Regardez, nous rétorqueraient-ils  avec commisération et ironie, regardez autour de vous. Quelle résonnance  l’annonce de la naissance de Jésus, la fête de Noël, provoque-t-elle chez l’immense majorité des hommes d’aujourd’hui ? En effet, à observer autour de nous l’attitude des hommes  vis-à-vis de Noël, on risque d’avoir le souffle coupé : dans la patrie terrestre de Jésus, après 2000 ans d’évangélisation, nous constatons que l’immense majorité des habitants ne reconnaissent pas Jésus pour ce qu’il est, ou même lui sont hostiles. Et si nous regardons beaucoup de peuples d’Occident, dont la culture, la civilisation ont été façonnées par l’esprit, les valeurs de l’Évangile, nous constatons une trahison déclarée de leurs racines chrétiennes, un rejet net de la foi.

L’un de nos derniers papes déplore une « lassitude de la foi, si répandue parmi nous », dit-il ; il déplore cette « fatigue d’être chrétiens dont nous faisons l’expérience en Europe », précise-t-il.

 

Dieu a-t-il échoué dans son plan de sauver l’humanité en son Verbe éternel devenu homme en Jésus de Nazareth ? Notre foi chrétienne nous interdit de céder à pareil blasphème. Notre foi nous apprend que Dieu aura le dernier mot ; et nous affirmons cette foi aujourd’hui, et solennellement en cette Nuit sainte.

Nous prions pour nos frères humains, nous demandons que tous les hommes découvrent l’initiative amoureuse de leur Créateur et s’y ouvrent sans réticence. Amen.

P. Louis

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