Le 3ème Dimanche de l’année B 21 jan 2018 A.D.

Au secours, Jonas !

(Jonas 3, 1- 10 ; 1 Cor 7, 29- 31 ; Mc 1, 14- 20)

(par P. P. Madros)

« Ninive » se multiplie parmi nous !

Le récit  de Jonas n’a pas besoin de rigueur historique car il décrit magistralement la position de pas mal de « ministres » de Dieu et pas mal de chrétiens ! Le petit prophète, Jonas, se montre récalcitrant quand le Seigneur (d’après lui, monopole des Juifs) lui demande d’aller prêcher la pénitence aux païens ! Jonas proteste, rouspète, peste, boude, mais finit par obéir, en murmurant. Au fond, on ne peut pas plaisanter avec le Dieu qui semble bon pour les non-Juifs aussi ! Allez hop ! A l’aventure ! Quant auxgens (ou « Gentils ») de Ninive, voici leur fichier : impiété, immoralité et corruption.

Demandons au Seigneur de nous envoyer des Jonas, des Jean-Baptiste, pas trop d’Elie, parce que celui-ci serait capable de nous trucider, comme il a fait avec les prêtres-prophètes du Baal ! Ou bien si vous voulez, ça ne serait pas mal si Jésus revenait, avec le fouet, car nous avons trop profité de « sa douceur » ! Désormais, beaucoup de nos « temples » sont déserts : il n’y reste que les prêtres, même plus de marchands, faute de clients !

Pire que Ninive !

Les gens de la grande ville se repentent. Donc, ils se laissent convaincre qu’il faut changer de vie. Ceci implique qu’ils sentaient que leur comportement n’était pas décent. Malheureusement, de nos jours, même chez certains « pasteurs » catholiques (sans noms !) la perversion se trouve, non dans le comportement, mais dans certaines idées : pour quelques-uns d’entre eux, le mal est devenu bien, ou vice versa, sous prétexte, comme toujours, d’ »ouverture, tolérance, largeur d’esprit, amour du prochain, charité, compréhension, progressisme, humanisme… »

Voici quelques exemples douloureux : l’évêque ou l’archevêque (ah, les titres !) vice-président d’une conférence épiscopale (en principe catholique !) d’un pays encore européen, a proposé sans sourciller « la possibilité de bénir les mariages de personnes homosexuelles ». Il n’a certainement pas écouté, cette fois, le Pape Français qui, sans ambages, sans détour, a affirmé ce que nous savons depuis le Livre de la Genèse et notre plus tendre catéchisme : « Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. Il n’y a rien à faire. Personne ne peut y rien changer ».  Pas même les vice-présidents des conférences d’évêques.

Un autre évêque, ex président de la même conférence épiscopale (comme quoi, nous sommes bien servis en tant que gros bonnets), n’avait pas hésité à déclarer devant la télévision : « Jésus-Christ n’est pas mort pour nos péchés (donc, le crédo n’est plus valide !) mais « par solidarité pour les pauvres et les souffrants ». Il est vrai que cette position n’est pas aussi problématique que celle de Martin Luther qui trouvait que la nature divine avait anéanti ou presque la nature humaine du Christ. En tous cas, pauvres riches ( !), pauvres gens qui ne souffrent pas : Jésus n’est pas mort pour eux ! Peut-être les deux larrons !

Sans juger les personnes et leurs intentions, la déviation de la pensée, , est due ou bien à une « erreur de l’intelligence pratique », dans l’obnubilation des idées (loin de l’orthodoxie et du Magistère), ou bien, chez d’autres, le fait de « penser comme on vit, à force de ne plus vivre comme on pensait ». Ainsi, « la biographie devient la théologie », comme chez certains fondateurs de religions ou de dénominations (d’après le plus grand luthérologue de notre temps, le prêtre catholique allemand TheobaldBeer).

 

« Elle passe, la figure de ce monde » (1 Cor 7, 31)

Allez, allons, tel un Jonas, un Jean-Baptiste, un Jésus, convaincre les matérialistes qu’il y a un au-delà. Facile de faire penser à la mort qui atteint tout le monde. Mais après, qu’y-a-t-il ? Pour beaucoup, rien ! C’est ce même matérialisme, avec les idées floues et fausses, qui vide nos églises dans les pays de tradition chrétienne.

Mais, comment expliquer que d’autres religions ont toujours des lieux de culte pleins ? Plus de ferveur dans la foi, peut-être, mais aussi beaucoup plus de pression sociale, besoin d’affirmation, déclaration ou même provocation d’identité, peur d’assimilation, peur de « la perte »… Qui plus est, beaucoup d’éléments matériels sont partie intégrante de quelques religions, tels la richesse, la lutte armée jusqu’à « tuer et se laisser tuer » (d’après le Coran 9 : 111), la conquête par la séduction et la démographie etc…

 

« Suivez-moi », chers frères Simon et André ; Jacques et Jean (Marc 1, 14-20)

Nul besoin de répéter des réflexions sur la vocation de ces pêcheurs. Avec le P. Manns, franciscain, disons que, chez les Juifs contemporains du Christ, il fallait avoir un minimum de quatre  disciples pour être reconnu comme « maître » ou rabbi.

Une récente découverte en Terre Sainte semble avoir mis au point,grâce aux bains romains, signe d’urbanisation, l’emplacement de la ville natale des saints Pierre, André et Philippe, à savoir Béthsaïde, baptisée « Julias » par le tétraque Hérode-Philippe, en 30 A.D., en l’honneur de la mère de Tibère (et fille d’Auguste).

Nous en sommes toujours au conflit et à la nécessité de coexistence entre la foi et le paganisme !

 

 

Conclusion

Le Christ n’a pas seulement appelé les apôtres et les premiers disciples mais nous tous aussi ! Vivons donc cette « Nachfolge » de Jésus. Le mot allemand, intraduisible, signifie à peu près le fait de suivre Jésus, pas à pas, quitte à déplaire, quitte à se faire crucifier, mais toujours certains de la résurrection, après avoir eu la double joie de la vérité et de l’amour (Eph 4, 15), ainsi que de l’obéissance de la foi « jusqu’à la mort, la mort de la croix » !

 

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