Le 3ème Dimanche de Pâques B année 2018 A.D.

Jésus : cet  Esclave  qui nous affranchit !

(Ac 3, 13- 19 ; 1 Jn 2, 1- 5 ; Lc 24, 35- 48)

(par P. P. Madros)

Pierre : le pape qui n’eut plus peur ! (Ac 3, 13 s)

Fini le temps de la frousse ! Révolu le mauvais quart d’heure où, dans un nombre record de mensonges, Simon avait renié Jésus, et ce devant une servante aussi ! Le Saint Esprit ayant fait son travail, voici Pierre intrépide, ferme et affermissant, confirmé et confirmant : ce qu’on demande au souverain pontife ! Son message est clair. Il ne mâche pas ses mots devant des chefs de prêtres et de tribus qui le paralysaient. Il n’est pas davantage impressionné par la  multitude chaotique, cynique et imprévisible qui avait vociféré demandant cruellement le sang du Nazaréen. Ecoutons Simon devenu Pierre : « C’est vous, oui vous, qui avez livré Jésus à Pilate ! C’est vous qui l’avez renié (oubliant qu’il l’avait fait aussi !) Vous avez tué, ah bon, l’auteur de la vie !

Deux petites remarques, Sainteté ! Ce courage pétrin s’est manifesté maintes fois dans l’histoire. Devant « les grands de ce monde », les successeurs de Pierre ont élevé la voix. Ils étaient souvent les seuls à le faire. Il est grand temps que le souverain pontife le répète tout haut aux politiciens occidentaux : « Vous avez livré l’Occident en trahissant le Christ, sous prétexte de laïcité ! »

L’autre remarque : vous avez tué Christ ! Simon savait bien que, matériellement, les soldats romains avaient exécuté le Galiléen, et que, juridiquement, Pilate avait prononcé le verdict : la peine de mort. Simon, approfondissant les choses, va à la cause principale. Ce sont les grands prêtres, les scribes, les pharisiens, les chefs de tribus et les « forts-en-gueule » du peuple qui avaient exigé, à cor et à cris, causé la mort de Jésus.

 Or, nous chrétiens du Moyen-Orient, nous voyons une cécité occidentale (si vous permettez) par rapport à la motivation des djihadistes, par exemple. Même le clergé explique ces attentats par « la frustration, la marginalisation, le manque d’instruction et d’intégration (surtout quand on n’en a nulle envie !) Eh bien non ! Ils font ça pour Allah qui est « Akbar », plus grand que tous et que toutes les Constitutions nationales et les chartes internationales !

Jésus-esclave (Ac 3, 13 ss)

Le Saint Esprit rappelle à saint Pierre aussi bien sa Bible que les Paroles du Maître. Il décrit Jésus comme « esclave, serviteur » : allusion à Isaïe 53, le serviteur de Yahweh, souffrant pour la guérison du peuple. L’apôtre des nations l’entend de cette oreille aussi : aux Philippiens (chapitre deux), il présente Jésus prenant la forme d’un esclave, dans la pire des situations : celle de la croix.

Mais Dieu l’a ressuscité. La nature divine a ressuscité le corps mortel du Crucifié.

« Mais on est excusé ; on a fait ça par ignorance ! »

Paul tombe d’accord : « S’ils avaient su, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire » (1 Cor 2, 8). Je veux bien : ils ne savaient pas que c’était le Verbe incarné, bien que beaucoup d’indices, de signes et de prodiges le suggéraient. Soit ! Mais quand même ! Un peu d’honnêteté ! Faire tuer un innocent ? L’ignorance de « l’union hypostatique en Christ entre nature divine et humaine » n’excuse pas l’homicide, si vous ne voulez pas parler de déicide !

L’ignorance a des limites qui devraient servir de garde-fous : la morale, le bon sens, le bon goût et l’évidence des conséquences. L’ignorance est un mal, et non des moindres, dont  il faut sortir, le plus vite, le plus honorablement possible, et avec le minimum de dégâts !

De quoi Jésus nous libère-t-il ?

Son sacrifice nous affranchit de notre égoïsme, si mortel, si homicide, si génocide, si christocide ! Son détachement (qui éclate sur la croix) nous libère de notre cupidité ! Son intégrité nous exhorte à dépasser notre sensualité. Sénèque rejoint le Maître (ils sont presque contemporains) : « Depuis qu’on a commencé à adorer l’argent (Jésus a dit : Vous ne saurez adorer Dieu et Mammon), cette adoration qui enchaîne tant de magistrats et de juges (et de politiciens !), les choses ont perdu leur vraie valeur. Et nous, devenus tantôt marchands tantôt marchandise, nous ne considérons plus la qualité mais le prix ; et tout se fait par vil intérêt » !

Conclusion

Il y a trois ans, pour ce même cycle B, nous avons eu l’occasion de commenter Jésus-Paraclet-Défenseur-Consolateur pour la rémission des péchés (1 Jn 2, 1 s), ainsi que la déclaration de Jésus aux disciples (Lc 24, 35 s) qu’en Lui se réalisaient les prophéties de la Torah, des Ecrits (surtout du Psautier) et des Prophètes. Allez nous expliquer pourquoi certains exégètes « catholiques » même en Orient nient cela. Que les prophéties n’aient pas toujours été claires : c’est évident, mais cela ne justifie pas leur négation.

Prions pour notre clergé, si souvent injustement accusé, et maintes fois objet d’ingratitude. Mais prions aussi pour l’orthodoxie chez notre clergé et nos fidèles ! Les défis sont trop graves pour nous enliser et pour dégringoler « de la confusion à l’hérésie » !

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