Le cinquième Dimanche du carême C 2019 A.D.

Les aventures de Rabbi Gershom !

(Jn 8, 1- 11)

(Homélie peu catholique du P. P. Madros)

Soyons sérieux !

Pas besoin de présenter le grand comédien français, Louis de Funès. Ou si, peut-être, avec la culture générale de nos jeunes francophones, qui connaissent beaucoup mieux, même aux Champs Elysées, des « artistes » moins conventionnels, plus échevelés (en tant que cheveux, Louis de Funès n’était pas fort garni !). On ne saurait oublier le faux « Rabbi Jacob » administrant un signe de croix, dimension du globe, aux multitudes juives rassemblées pour accueillir le vrai, et risquant de tomber à la renverse (comme à Gethsémani) ou de s’évanouir en se voyant « bénir » avec l’instrument odieux du Nazaréen « suspendu » (ha – taloyi     התלוי). Bref,  Louis de Funès nous donne, à chaque coup, un film « pour faire rire les parents et les enfants dans ce monde si triste ».

 

Et Rabbi Gershom (960- 1040) ?

Ce personnage est beaucoup moins connu. Un peu de patience et nous allons passer au sujet. N’oublions pas les élucubrations des exégètes à propos de Jn 8, 1- 11. « C’est une péricope ajoutée ou déplacée ! » Inventée de toutes pièces, non ! C’est bien dans le genre de Jésus de choquer, de secouer, de faire justice en remettant en place des fanfarons et des forts-en-gueule. C’est bien Jésus qui pardonne au pécheur sans tolérer le péché ! C’est bien Jésus, l’ami de la Femme, sans exclure les publicains et le reste des petites gens, « ces canailles » dont les bien-pensants s’éloignent normalement. Et puis le Menuisier mystérieux, volontiers taquin ! Pas moyen de savoir ce qu’il griffonne par terre ! Qu’est-ce qu’il « fabrique » ? Que dira-t-il ? Tout porte à croire qu’il est coincé entre lapidation et permissivité, les deux aussi néfastes !

 

Jésus a refusé de faire lapider la pécheresse. Rabbi Gershom se comporterait ainsi !

Génie, courage et clairvoyance de R. Gershom

Né à Metz, entre la France et l’Allemagne, il est connu comme « Rabbinû Gershom Me’or Hagolah » (pas haGOLAN que nous laissons à Trump »,  « R. Gershom luminaire de la Diaspora » ! En 1000 après Jésus-Christ (le petit « suspendu » ci-dessus), et seulement après lui et grâce à lui, entraîné par l’exemple chrétien sensationnel de la vie matrimoniale et du droit pénal, Gershom convoque un synode historique à Mayence, pas par hasard ville catholique jusqu’à nos jours. Avec un peu d’humilité, de sainte jalousie, d’émulation louable, mais pas facilement acceptable, ce grand Rabbin défie toutes les oppositions (comme avait fait Rabbi Aqibah à propos du Cantique des Cantiques à Yavné en 90 A.D.). Il abolit la polygamie ! Vous voyez ça d’ici ? De l’Ancien Testament au Talmud (Ketavot 61- 63), un état de fait devient codifié, presque approuvé, sans beaucoup de scrupules, en avalant la couleuvre de la multiplicité des belles-mères ! Ressemblance inouïe, jusque-là inimaginable (un peu comme la visite du Pape en Arabie), ressemblance avec la doctrine de Jésus de Nazareth. Gershom : un homme fort capable de freiner « la dureté de cœur » des hommes contemporains de Moïse qui avait « laissé faire les Juifs », à savoir « répudier leurs femmes ». Comme Jésus, Gershom élimine catégoriquement l’horreur non seulement de la polygamie mais aussi celle de « renvoyer » sa ou ses femmes ! C’est la terreur des épouses ou des coépouses ainsi que des concubines musulmanes, jusqu’à leur dernier soupir. Paradoxalement, beaucoup d’entre elles commencent à vivre tranquilles lorsque leurs maris meurent ! Au moins là, non seulement savent-elles où ils vont passer la nuit, mais surtout qu’ils ne vont plus se marier ! Les houris aux yeux noirs, celles du paradis, ne gênent pas, pour le moment, les épouses de la terre, éplorées en public, allègres en cachette !

Avec Gershom, les peines ou la condamnation à mort des apostats partent dans le décor, ainsi que la lapidation (notre sujet) et la flagellation, et aussi, semble-t-il l’excision ! Réalisme, sagesse, profonde intelligence de la nature de l’homme et de l’efficacité du châtiment.

En somme, le monde musulman est plus fidèle à la Thorah et au Talmud que « Maman Judaïté » (Shmuel Goitien). Et les femmes juives doivent une fière chandelle à Rabbi Gershom ! Nous attendons un pareil homme dans le monde musulman : Mustapha Kémal Atatürk et Bourguiba ont essayé. Leurs pays respectifs effectuent une marche triomphale en arrière. En Belgique, le parti « Islam » demande d’introduire la peine de mort et d’avancer l’âge de mariage.

 

Conclusion

Jésus coupe la tête à la « sévérité mortelle » avec les autres ! Il nous fait comprendre la lourdeur de « la première pierre », si nous sommes frappés d’amnésie, comme un peu en Europe ! L’aspect qui nous soulage : « Moi non plus, je ne te condamne pas » (sans oublier le masculin complice, dûment disparu !) Et l’aspect plus déterminant, comme condition du pardon : «Va et ne pèche plus ! »

You may also like...

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.