Pentecôte : le Noël de l’Eglise 2019 A.D.

« Et dans Notre-Dame toujours couve un drame » !

L’Eglise et les églises ; l’Eglise et des hommes d’église

(Ac 2, 1- 11 ; 1 Cor 12 ; 3- 13 ; Jn 20, 19- 23)

(par P. P. Madros)

 

Salut de Jérusalem, mère de toutes les églises, dans une homélie plutôt concrète !

« De Jérusalem sortira la Parole de Dieu ». Cette prophétie d’Isaïe 2 n’a jamais été réalisée dans le Judaïsme, pour la bonne raison que la « Thorah » la Loi est sortie « du Sinaï », ou, comme dirait Racine, « …Où sur le Mont Sina la Loi nous fut donnée » (« Athalie, Acte V »). Il est vrai, le Nouveau Testament ne cite pas ce texte comme prophétie sur l’Eglise, mais on peut difficilement nier qu’il puisse s’y appliquer. Ah, l’Eglise ! Le mot vient du grecεκ-κλησία : « Celle qui est appelée à, ou : appelée de » en vue de l’unité. L’araméen « ‘idtahעדתא » est la communauté qui témoigne. Signalons que l’anglais « church » vient du grec aussi « kyriakè(oikos) », « la maison du Seigneur ».

Tout cela a commencé à Jérusalem, au Cénacle, chambre haute de peur, crainte, frousse et trouille ! Chambre de la faiblesse humaine qui s’enferme. Néanmoins, elle est réconfortée par les apparitions du Ressuscité, et la présence chaleureuse et tranquillisante de la mère du Christ, celle de tous les hommes, la nouvelle Eve ! « Une maman, quelle tendresse, une maman, quelle richesse  ! » Et pour celle de Jésus, multiplier par un million !

C’était l’an 30. Les langues confuses de la Tour de Babel s’unissent dans la proclamation polyglotte de l’Evangile ! Les pêcheurs presque analphabètes (les deux mots grecs sont impayables «agrammatoikai idiotaiαγραμματοικαιιδιώται, (Pierre et Jean) sans instruction ni culture », pourtant «pleins d’assurance » (Ac 4, 13), Assurance tourix, si vous voulez, ces bardes de la Nouvelle Alliance ! « Etonnement », émerveillement : voici l’Eglise ! Une série de miracles ! L’expansion du Christianisme : inexplicable humainement parlant : un crucifié, des pêcheurs presque analphabètes, dont la plupart ont été lâches, renégats (le gros bonnet Simon-Pierre), traîtres (à la Judas), fuyards… quelques femmelettes… D’autres religions ont eu leur expansion grâce aux guerres ou au commerce…

Le miracle-père de l’Eglise : la descente de l’Esprit Saint, ce dimanche-là !

 

Aujourd’hui : l’Eglise en extinction au Moyen-Orient (surtout à Jérusalem), « en déclin en France » ! 

En Terre Sainte comme en Hexagone ( !), nous ne devons pas nous résigner ! L’Eglise, « maison du Dieu vivant, colonne et support de la vérité » (1 Tm 3, 15), est solidement fondée, pas sur nous hommes pécheurs, mais sur le Christ Ressuscité ! Vous allez me dire : elle a parfois oublié la « vérité » à coup d’actes d’amour unilatéral. « Brigadier, répondit Pandore, brigadier vous avez raison ! » Notre charité plus ou moins intempestive et envahissante ne doit jamais contredire la foi ni l’édulcorer ! Autrement, ce serait une « charité », non seulement mal ordonnée, mais aussi a-chrétienne et parfois nettement anti-chrétienne. Cette crise, non de l’Eglise, mais chez des fidèles et des hommes d’église, a brûlé dans la Cathédrale de Notre-Dame où « couve le drame » de l’athéisme, du laïcisme, de la démagogie, de la peur, du matérialisme, de l’égoïsme, de la lutte acharnée contre les Commandements, le couple, et la famille ; le drame des attaques inexorables contre le clergé, attaques parfois justifiées d’autres fois exagérées et, ne le nions pas, les « pierres d’achoppement » dans certaines déclarations peu catholiques de dignitaires ecclésiastiques si contraires aux textes bibliques et au Magistère de l’Eglise ! Parfois aussi contre le bon sens !

L’Eglise n’est pas les hommes d’église, nés laïcs, nés de familles. L’Eglise, que nous les curés l’acceptions ou pas, l’Eglise c’est les laïcs. Et nous tous nous venons des laïcs ! Alors, pas question « de les dominer », comme avertit le premier pape (1 P 5), ni faire des pirouettes pour introduire le soupçon dans leurs pauvres cœurs ! Abus de pouvoir, abus de juridiction !

 

Nos églises !

Parfois nos églises, dans le sens des constructions architecturales, sont aussi secouées par nous, pour ne pas utiliser de gros mots comme « profanées »! Des pièces de théâtres dans nos églises ? Qu’en pensez-vous, sauf celles sur le Christ ! Des shows ou des exposés pour promouvoir des réalités peu claires,  des organisations peu limpides…Un curé italien, président de sa Caritas locale, fait de son « église » la chaire ou le cheval de Troie d’Emma Bonino, héroïne de l’avortement (émule qui dépasse Simone Veil). Elle se vantait d’en avoir effectué, même empiriquement, dix mille ! Brava !(Elle les a comptés !) Et le pauvre évêque qui n’ouvre pas la bouche, comme les apôtres avant la Pentecôte, sous peine d’être lynché par des fidèles « catholiques » !

 

A propos du ramadan ou du Ramadan, si vous préférez, le français ayant horreur des majuscules !

Dans la deuxième lecture de ce dimanche (1 Cor 12), saint Paul nous le rappelle : « Personne ne peut dire « Jésus est Seigneur » s’il n’est avec l’Esprit Saint ». Et saint Jean se déchaîne encore plus (1 Jn 2 et 4) : l’Antéchrist est celui qui nie le Père et le Fils, rejetant la venue du Verbe dans la chair. Il ne faut pas trente-six mille détours pour savoir que ces paroles dogmatiques et prophétiques s’appliquent aux religions qui nient et combattent la Trinité, l’Incarnation et la divinité du Christ ! Certes, beaucoup de non-chrétiens, même de ceux qui vivent chez nous, avec nous ; n’ont jamais été évangélisés ! D’autre part, la majorité d’entre eux risquent la mort s’ils reconnaissent Jésus-Christ Seigneur et Sauveur. Qu’ils aient leur foi à eux, anti-chrétienne (même s’ils sont gentils !), pas de problème, malgré notre douleur apostolique de ne pas les voir « connaître le Seigneur comme nous le connaissons » !

Mais, les inviter à nos églises, pour que leurs muezzins proclament leur triple « acte de foi » ou « témoignage chahadah» relève de la bonne volonté enveloppée d’ignorance. Voici, sans prétention, la vérité sur la double chahadah islamique qui suit l’invariable

 «الله أكبر » « Allahuakbar ». La véritable traduction de ces deux mots n’est pas, «quoi qu’on die », « Allah est grand », mais « Allah est plus grand ». Plus grand que qui ? Que les divinités païennes ? ça n’a pas de sens ! Plus grand que le Christ, chers Nazaréens ingénus, ou peu informés, et pas du tout formés  (avec tout mon respect !) Et, puisque vous n’y croyez pas pour deux sous, écoutons ensemble le reste : « Il n’y a pas d’autre divinité que Allah ». Mon ami François vient d’écrire un article là-dessus, dans l’espoir d’ouvrir les yeux des Gaulois qui sont, à vrai dire, assez étrangers à cette problématique. Carrément, sans trop de péripéties, il ne s’agit pas de divinités païennes. Il y belle lurette que le Coran s’était détaché des « souveraines divinités païennes dont l’intercession était exigée », divinités (nabatéennes) Al-Lath, Al-Ouzzah et Manât qui avaient « révélé » des versets sataniques, partis dans le décor ! Bref, pas de comparaison entre Allah et les dieux païens ! Logiquement, c’est une déclaration antitrinitaire (mal comprise comme une triade comprenant Christ et sa Mère), contre la divinité du Christ. La profession de « foi » ou « témoignage » primitif semble s’être arrêté là, sans la mention de Muhammad (deuxième partie). Il en est ainsi au Dôme du Rocher seulement la profession de foi monothéiste, juive, postchrétienne et antichrétienne sept siècles après le Christianisme du Dieu Unique avec Sa Parole et Son Esprit.

Deuxième ajoute « Je rends témoignage que Muhammad est le messager d’Allah » : cette ajoute (après 691 AD) n’est pas davantage pro-chrétienne. Avec un minimum de réflexion, loin du sentimentalisme, on se rend compte que cette partie rejette Jésus-Christ comme Seigneur, Sauveur, et Modèle, Jésus et Mahomet étant absolument incompatibles et irréconciliables.

Donc, en bon français, dans nos églises, nous laissons ou nous faisons chanter des déclarations, trois en nombre, non seulement a-chrétiennes mais anti-chrétiennes ; pas « différentes, diverses », dans un « pluralisme » diversifié, mais contraires à notre foi, à l’essentiel de notre Christianisme. D’ailleurs, la première prière du Coran, la Fatihah (en hébreu haftahah) insinue que « les égarés » c’est les Nazaréens. Calculez combien de fois par jour, par an que le monde musulmans affiche et chante ses positions antichrétiennes, qui sont probablement sa raison d’être. Inutile de dire que,dans ce domaine aussi, aucune réciprocité, comme l’exigeait le Vatican pour les droits publics des peuples et des communautés ! Allez chanter le Notre Père dans une mosquée ! Là encore, il y a longtemps que des Catholiques ont renoncé à leurs droits légitimes, et, en tendant indument l’autre joue, « ont eu honte de l’Evangile » (contrairement à Rom 1, 16) et ont trahi la Bonne Nouvelle, en confondant amour des personnes et acceptation de leurs religions !

 

Voilà ! Pas gentil comme homélie !

Et là, je formule la question que nous autres, Arabes, nous posons à nos interlocuteurs : « Voulez-vous la vérité ou sa cousineبدّك الحقّ ولاّ ابن عمّو ؟ »

 

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