Le 15ème Dimanche A 2019

Trop de bons Samaritains !

(Colos 1, 15- 20 ; Luc 10, 25- 37)

(par P. P. Madros) 

 

Jésus : « Image du Dieu invisible » (Col 1, 15 a)

(Lui, Christ, est) εικών eikôn : icône, image, et à la rigueur « statue » vivante et ambulante ! Ben oui : le Christ Lui-même est une icône ! Plus de sens d’interdire les icônes. Au fond, l’objection bâtie sur une certaine compréhension d’Exode 20, 4, caractérise l’Ancien Testament où Dieu était invisible et où le peuple hébreu, un peu primitif, était tenté de se fabriquer des idoles « comme tout le monde » tout autour. Il n’a pas manqué, pourtant, de se faire un petit veau d’or, en faisant même les femmes renoncer à leur or (pour bouder Dieu et faire la pige à Moïse !) 

Ceux qui objectent contre les images sacrées, icônes et statues dans le culte chrétien (catholique et orthodoxe, à la limite anglican aussi) sont restés dans l’Ancien Testament et n’ont pas lu notre « Colossiens 1, 15 a). Ne sachant pas le grec original n’aide pas beaucoup : oui, encore une fois : image c’est « icône » (« pour l’amour du grec » !). La difficulté : un Dieu invisible et unique ne se représente pas ! D’accord ! Mais quand « le Verbe se fait chair » (Jn 1, 14), il devient visible, touchable, palpable, représentable. Ecoutons le disciple bien-aimé Jean dans sa première lettre : « Ce qui était dès le commencement (reprise de Jn 1, 1) ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie… nous en rendons témoignage » (1, 2).

 

« Premier-né de toute créature » (Colos 1, 15 b)

En tant que nature humaine en Christ (visible, palpable, touchable, représentable), Jésus est le premier de la création nouvelle ; il est le nouvel Adam (et sa mère la nouvelle Eve). La nature humaine en lui est créée. Mais en tant que Verbe éternel Dieu, il est Créateur : « Tout a été créé par lui, pour lui » (vv.16- 17).

 

Passons à l’évangile : « Bons Samaritain, mais pas trop ! » (Luc 10, 25 s)

Le Samaritain ! Un schismatique, pour les Juifs ; un faux-frère, a priori stupide d’après le Siracide (ou « l’Ecclésiastique » 50, 25) : « Deux peuples mon âme hait, et un troisième qui n’en est pas un : les habitants de la montagne de Séir (entre la Mer Morte et Aqaba-Eilat), les Philistins (c’est plutôt les gens « horribles «  de Gaza !), et le peuple insensé qui demeure à Sichem » (la dernière phrase est rythmée : un alexandrin en métrique française !

Le Samaritain de la parabole illustre une bonté contraire à sa religion schismatique ! Comme quoi, il peut y avoir de braves gens et «à leurs fruits vous les reconnaîtrez », mais pas leur religion. Par exemple, un musulman monogame ne représente pas l’Islam, moins encore le « modèle » de Mahomet.

Par contre, des détenteurs de la vraie religion, et de postes haut placés dans sa hiérarchie, se comportent parfois ou souvent contre l’éthique du Christianisme et de l’Eglise Catholique (pédophilie, homosexualité active etc…) Ils ne représentent qu’eux-mêmes et leur comportement s’oppose à ce que prescrit leur foi et leur Eglise (Jean-Jacques Walter). Ces excès et transgressions sont en principe corrigibles car ils s’opposent au principe, tandis que les excès et transgressions approuvées par une religion sont incorrigibles puisque c’est « halal », permis par Dieu. (Le même auteur).

 

« Être chrétien, c’est accueillir les migrants et s’occuper d’eux »

Non, pour la bonne raison que beaucoup de pays n’ont pas de migrants (plus ou moins illégaux, irréguliers, clandestins) à leurs frontières, sagement gardées, ou grand-ouvertes ! Non ! Être chrétien c’est d’abord croire en un seul Dieu, par Sa Parole, plus tard incarnée, et le Saint-Esprit. Être chrétien c’est proclamer le crédo, avoir Jésus pour modèle, Dieu pour Père, et l’Evangile comme Constitution. Croire dans le Credo. Espérer la résurrection des corps et la vie éternelle. Entrer dans l’Eglise par le baptême et fréquenter les Sacrement. Ensuite aimer, mais d’abord aimer Dieu de toute son âme…, ensuite s’aimer soi-même, et non pas laisser détruire, par les migrants, réfugiés, terroristes, sa propre Eglise, sa famille, son honneur, sa sécurité, sa tradition, sa patrie, son Etat. Enfin arrive « l’amour du prochain comme soi-même » et non pas aux dépens de soi-même : sa foi, sa dignité, son identité, sa famille, sa vie ( !), cela serait une charité « suicidaire » qui n’est pas chrétienne mais bien antichrétienne surtout quand elle favorise, directement ou indirectement, des religions et des dénominations antichrétiennes. Dans la catégorie « prochain », il faut que notre charité entoure d’abord « ceux de la maison de la foi » (Galates 6, 10), i.e. les autres Catholiques, ensuite les autres chrétiens, nos compatriotes. Seulement à la fin, et après tout cela, arrivent les étrangers. Ceux-ci n’ont donc pas du tout la priorité.

 

Conclusion

La parabole du bon Samaritain a démoli la suffisance et l’égoïsme sordides des lévites et des prêtres ! Qu’elle contribue aussi à démonter notre cléricalisme hautain. Dans ce sens, le pape François n’épargne pas les excès du clergé. Mais en se contentant d’aimer et de servir les autres, parfois en priorité, pour ne pas dire hyperboliquement « en exclusivité », et d’en parler toujours positivement, les personnes risquent fort d’aimer les autres religions et dénominations puisque « tout le monde est beau et bon ».

 

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