18eme dimanche Année C

Travailler pour l’éternité

(P. Peter Madros)

 

Paul, l’Apôtre des nations, écrit aux Colossiens : “Vous avez revêtu l’homme nouveau, où il n’y a plus ni Grec ni Juif, ni circoncision ni incirconcision, ni Barbare ni Scythe…” 

Les Grecs et les Romains avaient l’habitude d’appeler “Barbares” les étrangers, en particulier ceux qui ne savaient pas le grec et le latin.

Comme Paul le dit aux Galates (3, 26-28), par la foi et le baptême en Jésus Christ, il n’y a plus de distinctions entre Juifs et Grecs, hommes et femmes (qui étaient séparés par la circoncision)… Jésus a annulé toutes les discriminations raciales et “religieuses”, comme il a “racheté pour Dieu des hommes de toute race, langue, peuple et nation” (Ap 5, 9).

Dans l’extrait de la lettre aux Colossiens d’aujourd’hui, l’attention est immédiatement attirée par le terme “Scythe”, nation barbare originaire des plaines du sud de la Russie. Son ignorance, son archaïsme et son absence de civilisation étaient devenus proverbiaux. Un groupe de mercenaires scythes ayant établi son camp à Bissan en 254 avant J.C., la ville fut baptisée par la suite “Scythopolis”. Plus tard, elle devint la capitale de la Décapole (les dix villes). Elle adopta plus tard le christianisme et devint siège épiscopal comme capitale de “la deuxième Palestine”. Les communautés chrétiennes locales y restèrent jusqu’à la guerre de 1948, date à laquelle les fidèles palestiniens durent s’enfuir. Depuis lors, l’église paroissiale est restée fermée.

Dans le Nouveau Testament (Luc 12: 13 – 21), le Christ nous propose la parabole d’un homme riche qui fait des plans pour assurer sa vie matérielle mais oublie son âme, qui travaille pour la vie présente, mais non pour l’au-delà. Il ressemble à beaucoup d’entre nous : nous avons tendance à penser aux choses matérielles tangibles, comme la nourriture, la boisson et le vêtement. Nous travaillons dur pour les obtenir et nous nous inquiétons si, pour une raison quelconque, nous en sommes privés. Dès que nous devenons riches, nous nous empressons d’acheter des vêtements coûteux et de dilapider notre argent pour paraître aux yeux des autres. Nous achetons des actions et déposons notre argent sur des comptes d’épargne pour assurer notre avenir en cas de difficultés. Alors que nous devrions prendre soin de notre âme, de sa pureté et de sa destinée éternelle, à la lumière de la grâce, de la connaissance et de l’amour – “le lien de la perfection” –, car “la piété est utile à tout, elle est promesse de vie pour maintenant et pour l’avenir” (1 Tm 4, 8).

Parmi les trésors que nous devrions désirer, il y a d’abord “la crainte de Dieu, commencement de toute sagesse”. Nous devrions nous satisfaire des dons que Dieu nous fait. Un proverbe arabe dit : “Le contentement est un trésor impérissable”. C’est notre devoir et notre droit légitime de travailler pour nous sustenter, et de fait c’est ce que nous demandons dans la prière du Seigneur : “Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour”. Mais nous ne devons pas abandonner nos cœurs et nos esprits au matérialisme, pas plus que nous ne devons adorer l’argent ; nous devons bien plutôt mettre en pratique l’enseignement de notre glorieux Seigneur : “Cherchez d’abord le son Royaume et sa justice, et tout le reste vous sera donné par-dessus le marché” (Mt 6, 33).

 

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