Le 22ème Dimanche C

Humilité et douceur, orgueil et violence

(Sir 3, 19 s ; Lc 14, 1 -14)

(Par P.P. Madros)

 

« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » : cette invitation se termine par une affirmation rassurante : « Vous trouverez la paix pour vos âmes » (Mt 11, 29). La douceur-humilité génère la paix, tandis que l’orgueil et la cruauté produisent la violence qui enfante les conflits et les guerres. En effet, Jésus le doux est « lui-même notre paix » (Eph 2, 14) . Eternelle actualité des logia (paroles) du Seigneur : de nos jours, surtout au Moyen-Orient, « la volonté de puissance » engendre les guerres. Peu importe que des centaines de milliers de victimes tombent ; l’essentiel c’est de « vaincre, de dominer, d’écraser l’ennemi », avec toute espèce d’armes ! Les « doux » (cf Mt 5, 4) « hériteront la terre » : il s’agit d’humbles devenus « gentils » à coup d’humiliations. Malheureusement, ce texte du Psautier (Ps 36, 11), que le Christ cite, en le consacrant et en faisant une béatitude, se trouve modifié dans le texte coranique où désormais non plus les doux mais « les bons serviteurs » auront la terre en héritage (Coran 21, 105).

 

Hébreux 12, 18 s : l’union et la communion des saints

L’épître écrit aux chrétiens d’origine juive qu’ils se sont approchés, comme le reste des fidèles du Seigneur, « de la Jérusalem céleste… des esprits des justes amenés à la perfection » . Nous trouvons ici l’une des expressions les plus explicites de la « communion des saints » : union spirituelle et solidarité dans la grâce, entre les personnes qui aiment Dieu, qu’elles soient ici-bas (comme les destinataires judéo-chrétiens de l’épître) ou déjà dans l’éternité heureuse. Rien ne nous sépare de notre amour et communion, « ni la vie ni la mort », de par la force de l’amour et de la Résurrection du Christ, Dieu de vivants non de morts. On comprend aisément alors que, même en étant sur terre, nous sommes unis aux « esprits », c’est-à-dire aux âmes des saints du ciel, pas à leurs cadavres.

 

Lc 14, 1 -14 : les invitations désintéressées !

Ici aussi, l’humilité chez les invités les élève, tandis que vanité et orgueil abaissent les prétentieux. Dans l’ambiance de violence et de génocides, avec la menace de guerre au Moyen-Orient, de nos jours, on n’a plus envie de parler d’invitations à manger !

 

Conclusion

Que le Seigneur admette à sa table éternelle les victimes de la violence et de la guerre et qu’il nous épargne, en Orient et dans le reste du globe, de manger davantage « le pain des larmes  » et « de boire » du calice de souffrances aussi incompréhensibles qu’interminables  (Ps 80 (79), 5) !

 

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